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Neue Zürcher Zeitung - 09/09/2002

DIE ANDEREN, DIE GLEICHEN
"Under Construction" von Gilles Jobin bei den Berliner Festspielen
By Hartmut Regitz
Read it in V.O and in French...

Sie gehen, wie sie gekommen sind, lautlos, einer nach dem andern, durch die Türen der Schaubühne, selbst jene, die erst am Schluss aus ihrer tänzerischen Trance erwacht. Dazwischen, gut eine Stunde lang, positionieren sich die sieben Tänzer und Tänzerinnen in ihrem Umfeld immer wieder aufs Neue. Wie in einem Spiel, dessen Regeln dem Zuschauer lange verborgen bleiben, suchen sie sich einen Ort, der im Einklang scheint mit Raum und Zeit. Doch nichts ist von Dauer. Nicht die elektronische Musik, die Franz Treichler unmerklich wandelt. Nicht das Licht, mit dem Daniel Demont die unterschiedlichsten Stimmungen erzeugt. Schon gar nicht die Choreographie, die Gilles Jobin gleichsam aus dem Stand heraus entwickelt - als ein Stück "Under Construction", das beständig auf alle äusseren Veränderungen reagiert. Jobin hält es in einer fortwährenden Bewegung. Mal vorwärts, mal rückwärts, mal schnell, mal unendlich langsam folgen die sieben getrennt einem gemeinsamen Impuls, und in Kreisen, Achten und Diagonalen finden sie sich allmählich in einer Gruppe, die allerdings meistens eine aussen vor lässt, sich nachgerade von ihr aggressiv absetzt.

Nur wer die Ordnung stört, ist interessant. Wie schon in seinen früheren Arbeiten "A"+"B"="X", "Brain Dance" oder "The Moebius Strip" tanzt Gilles Jobin immer wieder aus der Reihe. Und wie zuvor stellt der Schweizer Künstler in der Koproduktion von Parano Fondation, Théâtre de la Ville Paris, Théâtre Arsenic Lausanne, Biennale di Venezia und den Berliner Festspielen einen multiplen Körper ins Zentrum seines Stücks, der ständig einer choreographischen Metamorphose unterworfen ist. Ob kriechend oder tanzend, kann er vom anderen nicht lassen. Und selbst wenn er sich am Ende unter dem aufgeschlitzten Bahnen des Tanzteppichs zu verkrümeln scheint, hat das hier noch immer etwas von einem Herdendrang - den Gilles Jobin wenig später sofort wieder unterläuft, wenn sich eine Tänzerin wie in Trance auf dem nassen Boden windet. Die anderen schauen einfach zu, leidenschaftslos und trotzdem auf eine seltsame Weise vom Andersartigen beeindruckt. Und verschwinden, bevor sich Konsequenzen andeuten: ein Publikum zurücklassend, das sich erst noch seine Gedanken machen muss über das Gefühlte. Leicht ist das nicht, aber lohnend.

TRADUCTION FRANÇAISE
LES AUTRES, LES MÊMES

Ils s’en vont comme ils sont arrivés, sans bruit, l’un après l’autre, passant les portes de la Schaubühne qui s’éveille alors de sa "transe scénique". Entre deux et pendant une bonne heure, les sept danseuses et danseurs bougent et se positionnent dans leur espace. Comme dans un jeu, dont les règles restent longtemps cachées au spectateur, ils cherchent un endroit en harmonie avec le temps et l’espace. Mais rien ne semble perdurer. Ni la musique électronique que Franz Treichler fait changer de manière imperceptible. Ni la lumière de Daniel Demont qui passe par beaucoup de gammes différentes. Ni même la chorégraphie, que Gilles Jobin développe pour ainsi dire à partir de l’état d’immobilité. Telle une pièce "Under Construction" qui réagit constamment aux variations extérieures, Jobin construit un mouvement perpétuel. En avant, en arrière, rapidement, ou de manière infiniment lente, les sept danseurs suivent une impulsion commune et, par des mouvements en cercle, en huit et en diagonale, ils finissent petit à petit par former un groupe, duquel cependant l’un ou l’autre est souvent rejeté de manière agressive.

Seul celui qui parvient à casser l’ordre est intéressant. Comme déjà dans ses pièces précédentes, A+B=X, Braindance et The Moebius Strip, Gilles Jobin ne fait jamais comme les autres. Et au centre dans sa nouvelle pièce - coproduite par Parano Fondation, le Théâtre de la Ville de Paris, le Théâtre Arsenic de Lausanne, la Biennale de Venise et les Berliner Festspiele -, le chorégraphe suisse place un corps multiple, constamment soumis à une métamorphose chorégraphique. Que se soit en rampant ou en dansant, ce corps ne peut pas se séparer de l’autre. Et même à la fin, quand ce corps semble avoir disparu sous les tapis de danse recouvrant le sol, il est toujours question d’une logique de groupe, que Jobin cependant désamorce peu de temps après, quand une danseuse se roule au sol comme dans un état de transe. Les autres se limitent à regarder, impassibles et semblant pourtant touchés de manière bizarre par ce comportement si hétérodoxe. Et tout de suite, ils disparaissent, avant que les conséquences de cet état ne se manifestent, laissant derrière eux un public qui doit maintenant organiser sa pensée autour de ce qu’il a ressenti. Ce n’est pas une tâche facile, mais cela en vaut la peine.