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La Tribune de Genève - 10/1/2006

Le chorégraphe Gilles Jobin parie sur la danse en région

L’artiste suisse travaillera entre Annecy et Genève, où il cherche un lieu de création.

On le savait dans les parages depuis pas mal de temps, mais désormais c’est décidé, Gilles Jobin a choisi Genève. Et il tient à ce que ça se sache. A la faveur d’une conférence de presse au coin du poêle de la buvette des Bains des Pâquis, le chorégraphe suisse romand a expliqué les raisons de son choix et a dévoilé ses projets.

Ces dernières années, avec un pied à Londres et un autre à Lausanne, Jobin ne savait plus sur lequel des deux danser. « Le séjour à Londres a joué un rôle déterminant dans la diffusion internationale de mes créations », constate-t-il. « Maintenant que mes pièces ont trouvé le chemin des scènes du monde entier, je me sens plus libre de développer un travail de terrain à l’échelle de la région. »

Le contrat de confiance qui liait Gilles Jobin/Parano Fondation avec l’Etat de Vaud prend fin cette année. Ni ce canton ni la Ville de Lausanne n’ayant manifesté l’intention de continuer à soutenir le chorégraphe, celui-ci s’est tourné vers Genève. « La situation de la danse contemporaine dans cette ville a favorablement évolué ces dernières années », observe-t-il. « Le milieu s’est professionnalisé, il est plus dynamique et le niveau des danseurs s’est amélioré. » Gilles Jobin sait de quoi il parle. Il y a dix ans, le chorégraphe en herbe se démenait pour programmer les saisons de danse du Théâtre de l’Usine au 2e étage du Grütli.

C’est là qu’on a vu ses premières créations, prémices d’une carrière jalonnée de belles réalisations parmi lesquelles Two-Thousand-And-Three pour le Ballet du Grand Théâtre en 2003. Au Grütli, il avait programmé La Ribot, devenue depuis lors sa compagne et la mère de ses deux fils. La sympathique « performeuse » espagnole occupe depuis l’automne 2004 un poste de chargée de cours à l’Ecole des beaux-arts de Genève.

Cette nomination n’est pas étrangère à la décision du couple de se fixer dans la Cité de Calvin. Une autre circonstance favorable a été l’accord conclu récemment entre Gilles Jobin et le directeur de Bonlieu Scène Nationale d’Annecy, Salvador Garcia, qui fait du chorégraphe un artiste associé de ce théâtre pour trois ans et plus si entente. « Gilles Jobin est certainement l’un des chorégraphes suisses les plus connus hors de son pays », affirme Salvador Garcia.

« De Genève on peut aller rapidement partout », se réjouit Gilles Jobin. « La ville se trouve au centre d’une région très intéressante du point de vue de la danse. Elle va jusqu’à Lyon dans un sens et jusqu’à Belfort dans un autre, en passant par Annecy et Lausanne. Quant à Paris, on y est vite. » Toutes les créations de Gilles Jobin pour sa compagnie depuis 1999 ont été présentées dans la capitale française.

A Genève, où Gilles Jobin peut compter sur l’intérêt du Département des affaires culturelles (aides à la création et à la tournée), sa structure Parano Fondation cherche des locaux. « Les friches industrielles que nous avons visitées sont polluées », déplore-t-il. En attendant de trouver mieux, Gilles Jobin travaille avec les jeunes de la Cie Virevolte, avec le Ballet Junior et prépare une création pour 12 danseurs pour mai à Annecy, tout en y animant régulièrement des ateliers.

Benjamin Chaix
- Publié le 10 janvier 2006