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Presse 

Il Gazzettino - 22/09/2002 - Critique

DANZA/VENEZIA - "UNDER CONSTRUCTION", CORPI ALLA VIGILIA DELLA CATASTROFE
Par Paola Bruna
A lire en V.O, avec la traduction française...

"Under construction", lo spettacolo che la Compagnia dello svizzero Gilles Jobin ha proposto l’altra sera al Teatro alle Tese, ha chiuso la ricca kermesse dedicata dalla Biennale Danza ai nuovi linguaggi. Migliore conclusione non si poteva immaginare a coronamento delle tante performance che hanno la visto la danza decostruita, e a volte maltrattata. Il lavoro di ricerca da parte dei gruppi più agguerriti è apparso comunque evidente. Si decostruisce la danza nel tentativo di ricrearla ex novo. E qualcosa di originale l’abbiamo pur vista insieme a tanta sterile ripetitività e a qualche caduta nel "già visto" spacciato per nuovo.Ma veniamo a "Under construction". Lo spettacolo si impone per l’assoluta libertà del linguaggio coreografico. Nessun rimando a tecniche o a stili codificati. Jobin , che ha al suo attivo originali creazioni quali "Braindance" e l’intenso "The Moebius Strip", lascia il corpo libero di esprimersi. Lo obbliga a "dire" di un inizio e di una fine.

Vediamo i suoi sette danzatori farsi carne e sangue. Esibire corpi come conoscenza e destino. Vediamo quei corpi dilaniati violati violentati. Li vediamo vergini in un agognato Eden. Macerati e ridotti a poltiglia come dopo un’esplosione atomica. Li vediamo cercarsi, penetrarsi, compenetrarsi. Sentiamo i loro respiri, i sospiri, gli spasmi. Comprendiamo la loro infinita fragilità, la loro estrema forza. Li vediamo sotto luci sinistre, accompagnati da musiche stranianti, farsi creature mitiche invasate da Eros e infine, inermi, predate da Thanatos. E vediamo noi stessi, all’alba del mondo, divenuti quei corpi. E ci scopriamo al tramonto dell’universo che tutto contiene. Ci troviamo anche noi ridotti a "boids", misere creature virtuali, artificiali, manovrabili e manovrati pur nell’illusione di un’impossibile totale autonomia.

Come in una medievale "danse macabre" quei corpi sono segni premonitori di una catastrofe che forse solo la stessa loro sacralità saprà esorcizzare. E intanto, avviliti e contorti, come in tanta arte contemporanea, essi rivelano l’anima ferita che palpita sotto il confine della pelle. Sono corpi in continuo movimento quelli che scorgiamo roteare scivolare precipitare rimbalzare. Danzare. Farsi segni astratti che sanno "parlare" d’amore e di morte. Di pace e di guerra. Sui sentieri tra scienza e danza dove rivela di condurre la sua ricerca, Jobin viene travolto da un’umanità sofferente e da quel dolore si lascia attraversare per mostrarcelo. Così vero. Così nostro.

TRADUCTION FRANÇAISE
IL GAZZETTINO, Venise, 22 septembre 2002
UNDER CONSTRUCTION : CORPS AU BORD DE LA CATASTROPHE

Par Paola Bruna

Under Construction, le spectacle que la compagnie du suisse Gilles Jobin a présenté au Théâtre delle Tese a clos la riche programmation consacrée aux nouveaux langages par la Biennale de Danse. On ne pouvait pas imaginer une conclusion plus réussie à tant de performances qui ont déconstruit - et parfois maltraité - la danse. Le travail de recherche des compagnies les plus aguerries a cependant été lisible. Au milieu de beaucoup de répétitions stériles et de quelques errements dans le "déjà vu" qu’on a voulu faire passer pour du renouveau, on a tout de même remarqué quelques propositions originales. Mais revenons à Under Construction. Ce spectacle s’impose par la liberté absolue de son langage chorégraphique. Rien ne renvoie ici à des techniques ou à des langages codifiés. Gilles Jobin - qui compte à son actif des créations très originales, telles que Braindance et l’intense The Moebius Strip - laisse le corps libre de s’exprimer. Il l’oblige à "dire" quelque chose à propos d’un début et d’une fin.

Sous nos yeux, les sept danseurs deviennent chair et sang. Nous voyons ces corps déchiquetés, violés et violentés. Nous les voyons vierges dans un Eden convoité. Nous les voyons consumés et réduits en miettes, comme après une explosion atomique. Nous les voyons se chercher, se mêler, se fondre les uns dans les autres. Nous entendons leurs respirations, leurs soupirs, leurs spasmes. Nous comprenons leur fragilité infinie, leur force extrême. Sous des lumières sinistres, accompagnés par une musique étrange, ils se transforment en créatures mythiques envahies par Eros et enfin, restés sans défenses et pillés par Thanatos. Et là nous nous voyons nous-mêmes, à l’aube du monde, transformés en ces corps-là. Et nous nous découvrons au déclin de l’univers qui accueille tout. Nous nous retrouvons nous-mêmes réduits à des "boids", misérables créatures virtuelles, artificielles, manœuvrables et manœuvrées dans l’illusion d’une autonomie totale impossible.

Comme dans une "danse macabre" médiévale, ces corps sont les signes prémonitoires d’une catastrophe que - peut-être - leur sacralité parviendra à exorciser. Et en attendant, humiliés et tordus - comme souvent dans l’art contemporain - ces corps révèlent l’âme blessée qui pulse sous la surface de la peau. Ce sont des corps en mouvement perpétuel que nous voyons rouler, ramper, précipiter, rebondir. Danser. Devenir des signes abstraits qui savent "parler" d’amour et de mort. De paix et de guerre. Sur les chemins entre la science et la danse - où l’amène sa recherche - Gilles Jobin est emporté par une humanité souffrante et il se laisse traverser par cette douleur, pour nous montrer. Si vrai, si humains.