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THE PIECES 

Spider Galaxies (2011)

Press

24 Heures - 01.04.2011 - Critics

GILLES JOBIN VISE L’ESPACE

By Corinne Jaquiéry
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Vision d’un futur minutieusement chorégraphié, Spider Galaxies fait décoller le mouvement

Sidérant! Entre toile futuriste et exploration infinie d’une gestuelle aux limites de l’humain, Spider Galaxies , la dernière création du chorégraphe Gilles Jobin, présentée mercredi à l’Arsenic en première lausannoise, nous plonge dans un état proche de l’apesanteur.
En décidant d’explorer les constellations corporelles du cosmos de la danse, ce fils de peintre (le Vaudois Arthur Jobin) dessine une chorégraphie d’une précision saisissante. Toute d’abstraction, elle est d’une froideur sidérale, paradoxalement traversée d’érotisme palpitant. Un tableau cinétique qui ouvre sur la quatrième dimension.
La pièce commence avec la danse évanescente de quatre points rouges projetés sur le corps d’autant d’interprètes. Un jeu virtuel presque hypnotique qui se renouvellera plus tard avec une seule danseuse soumise au feu de ses partenaires. Puis, baignés dans une étrange lumière verte, les danseurs foncent vers le XXIIe siècle, cisaillant l’espace de leurs bras tendus, les yeux fixés sur un ailleurs que l’on perçoit extrêmement maîtrisé. Diagonales d’une fluidité exemplaire, croisements et effleurements contrôlés, corps sensuellement imbriqués, chaque mouvement suit une trajectoire à géométrie variable. Le sentiment d’assister à la construction d’une toile arachnéenne invisible. Soudain, une faille semble s’ouvrir dans l’espace et les corps, jetés à terre, se mettent à tressauter dans un délire apocalyptique. Des soubresauts terrifiants évocateurs de fin du monde. En se relevant dans de trépidants mouvements, les interprètes indiquent qu’ils n’en ont pas fini avec la vie, même si elle se révèle parfois proche de celle d’un androïde.
La musique électrospatiale de Cristian Vogel et Carla Scaletti ajoute encore à la beauté cosmique de Spider Galaxies. Étoiles d’un univers en constante reformation, les deux danseuses (Susana Panadès Diaz et Isabelle Rigat) sont particulièrement remarquables, contraintes à une gestuelle génératrice d’abstraction figurative. Elles calligraphient avec art la partition secrète que seul détient le chorégraphe… et le spectateur.

Lausanne , Arsenic
Jusqu’à di 3 avril. Rens.: 021 625 11 36
Genève , Théâtre de l’ADC
Du me 6 au di 17 avril
Rens.: 022 320 06 06
www.gillesjobin.com